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Témoignage : Hospitalier à Lourdes

Le rôle d’hospitalier est devenu une évidence pour moi assez tard. Une partie de ma famille y est impliqué depuis de nombreuses années, et moi, il n’y a que 6 ans que je suis engagé au sein de l’hospitalité.

 

Lorsque je débute en 2009, en tant qu’hospitalier à Lourdes, je suis affecté à un service extérieur de roulage : nous prenons en charge une personne en fauteuil pour l’emmener sur les lieux de célébrations dans les sanctuaires. Je me rends très vite compte que cela ne me suffit pas !! J’avais l’impression de n’avoir aucun lien de communication et d’affection avec la personne handicapée. Je me dirige très vite vers le service en chambre. Pour moi, cela devient le service qui me permet de rentrer le plus facilement en contact avec les pèlerins handicapés.

 

 Lorsque j’arrive à Lourdes en tant qu’hospitalier chaque année, c’est toujours une nouvelle découverte. Quand je parle de nouvelle découverte, cela induit toujours beaucoup d’appréhension, car je vais faire la connaissance d’une nouvelle personne aidée. A ce moment-là, je me pose toujours la question : Vais-je être à la hauteur ? Vais-je avoir les gestes qui conviennent à cette personne ? Vais-je avoir les bonnes paroles réconfortantes ? Et c’est au bout de trois jours, que l’appréhension disparaît : il ne reste plus que 2 jours à vivre sur place. Ensuite, tout le monde repart chez soi : c’est très frustrant !!

 

 Après avoir parlé du rôle auprès de la personne aidée, je voulais dire que Lourdes est aussi un lieu où l’on touche du doigt la solidarité. Je veux parler d’entraide avec les hospitaliers. Nous ne sommes jamais seuls avec nos amis aidés. D’abord, parce que, physiquement, cela peut être dur à supporter, et ensuite, parce qu’en tant qu’hospitalier, nous ne faisons pas partie du personnel soignant. Ce n’est pas notre métier !! Nous donnons 5 jours sur nos congés au service à Lourdes : il ne faut surtout pas que cela devienne le calvaire de notre vie. Notre rôle d’hospitalier à Lourdes est un véritable plaisir !!

 Lourdes est également un lieu très festif !! Les personnes handicapées ont besoin d’oublier pendant quelques jours leur quotidien. Comment l’hospitalité d’Orléans s’y prend pour cela ?

 

Dans un 1er temps, il y a beaucoup de jeunes qui sont présents pour rendre ces 5 jours comme des jours de fête. Ensuite, la musique et le chant viennent agrémenter ces moments.

 

Et pour terminer, Lourdes est bien sûr un haut lieu de spiritualité. Nous arrivons avec le fardeau de notre vie que l’on dépose aux pieds de la Vierge Marie. En tant que personne malade, hospitalier,  nous avons des vies très différentes les uns des autres. Nous sommes touchés par la souffrance physique, morale, le chômage … Nous arrivons à Lourdes avec beaucoup d’humilité. Parfois, c’est la personne aidée qui nous redonne la force de continuer avec une petite parole, un sourire alors que celle-ci peut être immobilisée depuis des années dans son fauteuil. C’est sûrement l’œuvre de Dieu qui agit à ce moment !!

A Lourdes, j’ai toujours un peu de mal à agir dans une démarche spirituelle. C’est plus la démarche humaine qui me parle. Mais lorsque je passe le soir devant la petite grotte où est apparut la Vierge à la petite Bernadette, c’est toujours un moment fort de rencontre avec le Seigneur. Le soir, tout est calme dans les sanctuaires, contrairement à la journée où c’est une grosse fourmilière. Ce calme que l’on trouve est propice à la prière.

 

 Ces richesses humaines et spirituelles reçues par l’intermédiaire de l’hospitalité et le pèlerinage à Lourdes sont pour moi des valeurs que je tenterai de transmettre à mes  enfants.

 A LOURDES NOUS RECEVONS PLUS QUE NOUS DONNONS.

LORSQUE L’ON PART A LOURDES, CE QU’IL NE FAUT PAS OUBLIER, CE SONT NOS SOURIRES ET NOS BRAS.

 

Il n’y a pas que la foi catholique qui est présente, mais aussi l’islam. Les échanges se font facilement, et naturellement avec respect. A la vue de la médaille de Marie autour du cou du médecin, des musulmans engagent la conversation, car par exemple, l’épisode de l’annonciation à Marie est présent aussi dans le Coran, et pas seulement dans la Bible. Il semble « facile  » de coexister et s’entraider entre religions devant des épreuves qui touchent les enfants.

 

Il y a parfois des « petites miracles », comme un enfant baptisé dans l’urgence, et qui va mieux dès le lendemain de son baptême.

 



03/09/2017

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